Apnée ? Lucidité !
Sève montverdo & tapaï rezine
Apnée ? Lucidité ! est une série de diptyques où La Fabrique de nuages, une esthétique de la pollution de Sève Montverdo résonne avec Les Dieux déguisés de Tapaï Rezine.
APNÉE ? LUCIDITÉ !
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
APNÉE ? LUCIDITÉ !
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
APNÉE ? LUCIDITÉ !
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
APNÉE ? LUCIDITÉ !
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
Exposition à la Galerie BAG Bordeaux
Sève Montverdo & Tapaï Rezine. © ADAGP, Paris, 2026.
Une exposition entre deux lignes d’horizon
Par Anna Maisonneuve
Diptyques, trames et corps en tension seront à retrouver jusqu’au 12 février [2026] à la Bakery Art Gallery avec le tandem de plasticiens Sève Montverdo et Tapaï Rezine.
Sève Montverdo et Tapaï Rezine : deux noms à l’exotisme lointain, entre toponyme méditerranéen oriental, registre végétal ou trivial. Leur frottement provoque une collision de références. Et pour cause : il s’agit de pseudonymes choisis par deux artistes installés à Bordeaux depuis 2012. « La peinture a toujours été notre terrain de jeu, le graphisme notre gagne-pain. Ces noms d’emprunt nous libèrent complètement », expliquent-ils.
Sève Montverdo et Tapaï Rezine : deux noms à l’exotisme lointain, entre toponyme méditerranéen oriental, registre végétal ou trivial. Leur frottement provoque une collision de références. Et pour cause : il s’agit de pseudonymes choisis par deux artistes installés à Bordeaux depuis 2012. « La peinture a toujours été notre terrain de jeu, le graphisme notre gagne-pain. Ces noms d’emprunt nous libèrent complètement », expliquent-ils.
Relectures plastiques
Nés en 1973, ils se rencontrent à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et sortent diplômés en 1997 — elle en graphisme, lui en image imprimée. Depuis le début du mois, la Bakery Art Gallery présente une trentaine de leurs œuvres récentes, déployées majoritairement en diptyques : à gauche, elle ; à droite, lui. Si les sujets comme les approches diffèrent, une unité se construit, portée par une ligne d’horizon discrète, qui court d’une toile à l’autre. « L’idée, c’est d’avoir cette double vision du monde : deux sujets distincts qui finissent par se rejoindre. »
Nés en 1973, ils se rencontrent à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris et sortent diplômés en 1997 — elle en graphisme, lui en image imprimée. Depuis le début du mois, la Bakery Art Gallery présente une trentaine de leurs œuvres récentes, déployées majoritairement en diptyques : à gauche, elle ; à droite, lui. Si les sujets comme les approches diffèrent, une unité se construit, portée par une ligne d’horizon discrète, qui court d’une toile à l’autre. « L’idée, c’est d’avoir cette double vision du monde : deux sujets distincts qui finissent par se rejoindre. »
Sève Montverdo prend pour point de départ une peinture d’après motif. En l’occurrence, l’incinérateur d’Ivry — le plus grand d’Europe — et ses deux grandes cheminées crachant des panaches, qu’elle a dessinés puis peint à répétition, jusqu’à s’en éloigner. « Ce n’est plus vraiment Ivry : ça pourrait être n’importe où. L’objectif, c’était de rendre ces formes emblématiques. » Duplicable, presque générique, l’incinérateur se détache de son ancrage géographique. Malgré les volutes et ce qu’elles charrient — dioxines, métaux lourds et autres joyeusetés — les panoramas demeurent séduisants, contemplatifs, portés par des touches de couleur évoquant le pointillisme. La trame, héritée du graphisme, trouve ici un prolongement pictural à partir d’une petite grille récupérée dans la rue, déplacée progressivement sur la toile, faisant naître une répétition structurée, infléchie par des écarts et des effets optiques qui évoquent le pixel défectueux, le « pixel mort » dira-t-elle. Quant à l’acrylique employée ? « C’est du plastique : une matière qui renvoie à ce que l’on respire », les microplastiques.
Désarroi et rebonds
Tapaï Rezine, en réponse à « La fabrique de nuages, une esthétique de la pollution », présente « Les Dieux déguisés », série mixte mêlant huile, acrylique, gravure sur bois et métal. Une peinture expressive flirtant avec l’abstraction. « L’expressionnisme reste, pour moi, la forme la plus moderne. Contrairement à d’autres mouvements datables, il revient à chaque époque, sous une forme renouvelée. Chaque période a besoin de manifester son désespoir. » Le corps y est émacié, diffracté, parfois presque dissous dans la matière, inspiré par les migrations et les déplacements forcés. En sous-sol, une œuvre réalisée à quatre mains, entourée d’un diptyque, sert de pivot à leur univers : le désespoir et la poésie s’y renvoient la balle, l’un botte les fesses de l’autre, et vice-versa, dans un jeu sans fin. La légèreté jaillit par éclats acides, et l’énergie vitale l’emporte toujours.
Tapaï Rezine, en réponse à « La fabrique de nuages, une esthétique de la pollution », présente « Les Dieux déguisés », série mixte mêlant huile, acrylique, gravure sur bois et métal. Une peinture expressive flirtant avec l’abstraction. « L’expressionnisme reste, pour moi, la forme la plus moderne. Contrairement à d’autres mouvements datables, il revient à chaque époque, sous une forme renouvelée. Chaque période a besoin de manifester son désespoir. » Le corps y est émacié, diffracté, parfois presque dissous dans la matière, inspiré par les migrations et les déplacements forcés. En sous-sol, une œuvre réalisée à quatre mains, entourée d’un diptyque, sert de pivot à leur univers : le désespoir et la poésie s’y renvoient la balle, l’un botte les fesses de l’autre, et vice-versa, dans un jeu sans fin. La légèreté jaillit par éclats acides, et l’énergie vitale l’emporte toujours.